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Commerces pour le climat

Guillaume (administrateur et gérant), Élianne (barista) & Héloïse (membre fondatrice et coopérante).

Guillaume (administrateur et gérant), Élianne (barista) & Héloïse (membre fondatrice et coopérante).

En restant authentique, on peut réaliser des choses sortant de l'ordinaire, et se rendre heureux!

LES BONNES PRATIQUES POUR LA TRANSITION ALIMENTAIRE

LES BONNES PRATIQUES POUR LA TRANSITION ALIMENTAIRE

AVANT L'ACCOMPAGNEMENT

Parlez-nous des bonnes pratiques du quotidien au Café Rond-Point!

*Entrevue réalisée avec Héloïse Lanouette*

On avait déjà mis en place pas mal de gestes responsables, qu’on voulait consolider et amplifier avec l’accompagnement. On fait la promotion des producteurs locaux en étant un point de dépôt pour les paniers de plusieurs fermes. On a également toujours été très attentifs au gaspillage alimentaire : limiter les pertes au moment de la préparation, et revaloriser les invendus.

La gestion des matières résiduelles est un chantier de longue date : on a mis en place le recyclage depuis longtemps, et on a même implanté le compost, puis on a rencontré des difficultés donc on voulait cet avis extérieur et une formation des équipes à la saine gestion des matières résiduelles.


APRÈS L'ACCOMPAGNEMENT

Quelles ont été les bonnes pratiques explorées durant l’accompagnement délivré par La vague?

De base, on voulait surtout parler des emballages, puis on a abordé pas mal d’autres sujets! On a étudié la question de la provenance des emballages et on a aussi travaillé sur leur réduction à la source. On se lance dans le réutilisable, avec des mesures incitatives pour que les clients apportent leurs plats, et on propose des solutions sur place. On a investi dans la gamme de produits de La vague : la tasse et la boite.

On a également revu l’approvisionnement pour certains produits, comme le lait végétal qui va venir en poudre, et on a revu nos commandes pour remplacer progressivement les produits importés par des alternatives locales.

Au niveau de la gestion des matières résiduelles, toute l’équipe a été formée, et on a mis en place une station de tri pour la clientèle, dans l’idée de partager la charge de travail.

Comment décrire votre café en quelques mots?

Le Rond-Point, c’est d’abord une coopérative de travail, et nous sommes également un café autogéré depuis six ans. De base, on préparait beaucoup d’évènements, tout a été coupé durant la covid, et maintenant c’est une formule plus restreinte. On est un petit café de quartier, mais on a élargi nos horizons avec l’ouverture d’une boutique vintage accolée au café en août 2022! Nos activités se veulent durables et responsables depuis le départ, mais dans un contexte de grande compétition entre commerces, il a parfois fallu revoir une partie des objectifs qu’on s’était fixés, notamment pour réduire les coûts et la complexité au niveau de l’approvisionnement.

Est-ce que vous vous considérez comme une écologiste?

Personnellement, j’essaie d’avoir des valeurs écologiques, j’ai travaillé dans des écoquartiers et chez Greenpeace; donc oui, cela fait partie des objectifs, même si ce café a surtout une vocation sociale. Ce qu’on a voulu amener dans le quartier en tant que vecteur de changement, c’était un lieu où les personnes marginalisées peuvent se rencontrer, échanger, un endroit accessible niveau humain, un espace de vie et un refuge.

Vous sentez-vous légitime pour sensibiliser votre clientèle, vos fournisseurs?

Oui, on a vraiment de la chance, on a un lien très fort avec les clients, 90% d’entre eux sont des réguliers et nous-mêmes habitons le quartier. Ici, tout le monde échange d’égal à égal, et cela permet de faire de la sensibilisation verbale de manière assez organique. Par exemple, durant la Semaine québécoise de réduction des déchets, on a beaucoup discuté, et on a même fait imprimer des supports. Donc, on interpelle et on veut ré-expérimenter les bonnes vieilles méthodes : papier, affiches, discussions! Car les médias sociaux ne permettent pas de rejoindre tout le monde.

Avez-vous identifié des organismes ou des initiatives pour soutenir les commerces dans leurs changements de pratiques?

Oui mais non : le réseau COOP nous appuie dans notre gestion, et on a eu du soutien via le GUTA et La vague au niveau des bonnes pratiques. Par contre, pour le soutien financier et les appels à projets, on est laissés à nous-mêmes, on ne connaît pas de programme ou de réseau qui pourrait assurer l’information et la mise en contact. On a aussi eu des mini projets avec l’écoquartier, c’est le bon organisme pour faire le lien entre la ville, les citoyens et les commerces, et centraliser les bonnes informations. D’expérience, en tant qu’entrepreneuse locale, il faut des interlocuteurs locaux.

Comment avez-vous entendu parler du GUTA? Pourquoi vous êtes-vous lancés dans le Fonds d’accompagnement?

Vous nous avez démarchés! Et c’était pile au moment de la réglementation sur les articles à usage unique. On pensait que ça allait être super sévère, c’est ce qui nous a poussés à solliciter l’accompagnement. On voulait s’en servir comme tremplin pour mettre en place de meilleures pratiques, comprendre les changements, et recevoir de l’inspiration!

Quelle est la pratique dont vous êtes la plus fière en tant que commerçante?

On est fiers de l’ensemble de l’œuvre! On est restés en vie dans ce contexte violent, et on a continué d’innover jour après jour. En fait, la fierté serait surtout notre capacité d’adaptation : avoir su rester sur une pente ascendante, ne pas stagner et se montrer réceptif pour les nouveaux projets. Se réinventer tout le temps, c’est le secret!

Quels sont les prochains projets excitants pour rendre vos affaires plus durables encore?

On voudrait maintenir et développer la boutique vintage, aller de l’avant avec la revalorisation de vêtements détournés de la benne et se transformer à travers ça. Cela nous conforte dans nos valeurs environnementales, et c’est cohérent avec les autres valeurs du café.

Quel message voudriez-vous adresser à un commerçant qui souhaite se lancer en affaires ou mettre en place des pratiques plus durables?

Agir avec humilité, en toute conscience, et se faire confiance. Il faut garder ses valeurs et se sortir des critères de réussite capitaliste; on peut réussir en étant authentique, cela permet de réaliser des choses sortant de l’ordinaire, et de se rendre heureux.

Dans un monde idéal, comment pourraient être gérés les enjeux de la transition alimentaire?

Il faudrait des réglementations plus sévères, accompagnées d’un plus grand soutien aux commerçants : un soutien proportionnel à la capacité d’action de chacun. Cela prend de la norme pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité.

Si vous étiez un fruit ou un légume, lequel et pourquoi?

Un kiwi, c’est bon, c’est surette, c’est versatile!

Un accompagnement réalisé par La vague, partenaire du GUTA! La vague outille les commerces alimentaires dans leur transition écologique grâce à son expertise en lien avec la réduction à la source et l’économie du réutilisable en services alimentaires. Découvrez son offre de service!

Un accompagnement réalisé par La vague, partenaire du GUTA! La vague outille les commerces alimentaires dans leur transition écologique grâce à son expertise en lien avec la réduction à la source et l’économie du réutilisable en services alimentaires. Découvrez son offre de service!

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Crédit photo : Laure Boyer