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Commerces pour le climat

Benoit & Moïra – Copropriétaires

Benoit & Moïra – Copropriétaires

Je souhaite être la nouvelle machine à café du quartier, à la place de celle du bureau où plus personne ne va!

LES BONNES PRATIQUES POUR LA TRANSITION ALIMENTAIRE

LES BONNES PRATIQUES POUR LA TRANSITION ALIMENTAIRE

AVANT L'ACCOMPAGNEMENT

Parlez-nous des bonnes pratiques au quotidien au Café de la 3e!

Benoit : On a toujours été très vigilant sur l’approvisionnement : idéalement on veut du local, à taille humaine, et des entrepreneurs qu’on connaît.

On essaie toujours de limiter les transports et les emballages : Marie Lou privilégie toujours les livraisons en vrac, dans des seaux et des boîtes. Dès qu’on peut, on le fait : notre lait végétal vient en concentré, nos canettes d’eau gazéifiée viennent de Bedford. On limite au maximum les commandes chez les gros joueurs, à part pour certains produits, ce n’est vraiment pas si difficile que ça.

On a aussi beaucoup travaillé sur les emballages qu’on propose, et la manière de les gérer : tout ce qu’on donne se composte ou se recycle, et le triage est bien fait : tout est optimisé au niveau de l’implantation des bacs pour que ce soit ergonomique, en cuisine et en salle. Pour les déchets alimentaires, c’est simple : tout est composté. Il n’y a pas du tout de poubelles ici!


APRÈS L'ACCOMPAGNEMENT

Quelles ont été les bonnes pratiques explorées durant l’accompagnement délivré par La vague?

Au niveau des produits, on était déjà bien enclenchés, avec beaucoup de produits locaux à la carte, et l’accompagnement nous a permis d’accélérer : un gros travail de référencement des fournisseurs a été fait, et aujourd’hui on propose de meilleurs produits, et davantage d’options végétariennes.
On fait aussi plus de préparation sur place : avec l’augmentation du volume de bouffe « fait maison », c’est devenu intéressant d’acheter du vrac dans de gros bacs pour la préparation.

On a revu certains gestes pour favoriser la réduction à la source pour les serviettes, les manchons et les touillettes notamment. On propose nos propres tasses réutilisables à un prix abordable, et Marie Lou pratique la consigne pour les plats du service traiteur.

Au niveau de la maitrise de l’énergie, c’était précieux d’avoir de l’aide pour optimiser nos consommations, placer correctement le rideau, etc.

Enfin, la communication sur place s’est bien améliorée, particulièrement sur le volet du réutilisable : nos employés ont été formés, et La vague nous a fourni des affichettes et des visuels.

Comment décrire le Café de la 3e en quelques mots?

Benoit : Le café a ouvert ses portes en octobre 2022, c’est un lieu de rassemblement où les habitués peuvent se retrouver dans une ambiance chaleureuse. Le lieu accueille aussi un service traiteur végane, géré par Marie Lou.

Dès le départ, notre projet se voulait responsable, ancré dans le social et le local au niveau du quartier et des fournisseurs. Puis, sur cette base, le projet est devenu écologique de manière assez naturelle.

Est-ce que vous vous considérez comme des écologistes? Quelle est votre source de motivation pour agir?

Moïra : Oui : je ne suis pas une militante pure et dure, mais je fais pas mal de choses à mon échelle, comme ma démarche zéro déchet à la maison.

Benoit : Oui, jusqu’à un certain point. On fait attention à tout, on se questionne et on se renseigne.

En 2023, est-il nécessaire, pour un commerçant de mettre en place des mesures écoresponsables?

Moïra : Oui vraiment, on se rend compte qu’on a un impact. Pendant la Semaine québécoise de réduction des déchets, on a lancé plein de discussions sur les emballages et on s’est retrouvés à être un centre d’informations. Ça a super bien marché : le but était d’encourager le réutilisable et maintenant les gens viennent avec leur tasse.

Vous sentez-vous légitimes pour sensibiliser votre clientèle, vos fournisseurs? Pour interpeller les décideurs ?

Benoit : Oui, on va choisir nos fournisseurs en fonction de certains critères comme la provenance des produits et leur capacité à livrer en vrac. On essaie aussi de faire bouger les gros.

Moïra : Au départ, on voulait acheter tous nos produits dans le quartier, mais on s’est rendus compte que c’était difficile, notre projet reste lucratif et proposer les meilleurs prix avec du local n’est pas toujours évident. Progressivement on va faire évoluer la carte, c’est la théorie des petits pas : aller à son rythme, et faire les choses pour les bonnes raisons.

Qui serait selon vous le meilleur acteur pour impulser le changement au niveau des pratiques dans le secteur commercial à Montréal?

Benoit : On est assez autonomes dans nos démarches. La vague et le GUTA nous aident sur le volet durable, et on a pu bénéficier d’une subvention de PME MTL au démarrage de l’entreprise.

Comment avez-vous entendu parler du GUTA? Pourquoi se lancer dans le programme d’accompagnement?

Benoit : C’est notre torréfacteur Appalaches qui nous a parlé du GUTA. On était déjà bien en avance pour la réglementation sur les articles à usage unique, mais on voulait tout de même aborder la thématique des emballages : on préparait l’été et on réfléchissait aux contenants compostables. On faisait déjà des gestes concrets, mais c’était important pour nous d’avoir un œil extérieur et de l’information éclairée et actualisée. Être proactif c’est une chose, se faire aider c’est encore mieux!

Quelle est la pratique dont vous êtes les plus fiers en tant que commerçants?

Benoit : Nous sommes fiers de donner du sens à notre entreprise, et de notre impact vis-à-vis de notre communauté. Fiers de gérer un lieu où les gens viennent se rencontrer, travailler et échanger, où les personnes âgées et les étudiants se sentent bien. Et puis il y a la fierté d’être un lieu de diffusion de produits porteurs de valeurs.

Quels sont vos prochains projets excitants pour rendre vos affaires plus durables encore?

Benoit : On souhaite développer le volet commercial en accueillant des produits d’artistes locaux, comme des chandelles, des cartes de souhaits, etc. et poursuivre nos recherches de « micro produits » à faible empreinte écologique.

Quel message voudriez-vous adresser à un commerçant qui souhaite mettre en place des pratiques plus durables?

Benoit : c’est important de bien s’entourer, de rester confiant dans l’impact qu’on a, et de rester humble dans ses démarches. On n’affiche pas notre café comme un café vert qui change la vie, mais on concrétise progressivement nos pratiques durables et les gens s’en rendent compte. Une fois de plus, les petits pas : dès qu’on a intégré un changement et qu’on est satisfait du résultat, alors on passe à la suite!

Dans un monde idéal, comment seraient gérés les enjeux de la transition alimentaire dans les commerces?

Benoit : Il faut faciliter la rencontre entre les clients et les petits producteurs, si on laisse le marché gérer cela, les gros joueurs gagnent toujours. En installant de petits marchés publics partout, on permettrait aux citoyens d’avoir le choix. Pareil pour le vrac : si on veut changer d’échelle, les grandes enseignes devraient y accorder des rayons entiers, ou permettre à de petites entreprises de se placer à leurs côtés.

Si vous étiez un fruit ou un légume, lequel et pourquoi?

Benoit : Je serais un pommier, pour vivre saison après saison et avoir une longue vie!
Moïra : Une fine herbe qui s’adapte à son environnement.

Un accompagnement réalisé par La vague, partenaire du GUTA! La vague outille les commerces alimentaires dans leur transition écologique grâce à son expertise en lien avec la réduction à la source et l’économie du réutilisable en services alimentaires. Découvrez son offre de service!

Un accompagnement réalisé par La vague, partenaire du GUTA! La vague outille les commerces alimentaires dans leur transition écologique grâce à son expertise en lien avec la réduction à la source et l’économie du réutilisable en services alimentaires. Découvrez son offre de service!

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Crédit photo : Laure Boyer